L'année 1981 est celle de l'arrivée de la gauche au pouvoir. Les médecins hospitaliers sont largement mobilisés contre Jacques Ralite, ministre communiste de la Santé, en raison des réformes projetées : suppression du clinicat, statut unique de médecin hospitalier avec grille de salaire unique, suppression des services remplacés par des départements où les responsables auraient été élus par l'ensemble des personnels médicaux et soignants.
Les chefferies de service sont supprimées, mais les chefs de service en place le sont restés en étant payés comme tel.
Le secteur privé des temps pleins est également supprimé, mais maintenu à titre transitoire jusqu'en 1986.
Le 3 mars 1982, une grève nationale fait descendre tous les médecins hospitaliers dans la rue allant jusqu'à envahir le bureau de Jacques Ralite.
Notre syndicat organise une " opération escargot " dans Paris avec des ambulances venues de toute la France. Mais cette grève ainsi qu'une deuxième aussi importante est restée sans effet.
C'est pourquoi le 24 février 1983, les médecins des hôpitaux déclenchent une nouvelle grève nationale à laquelle participent 17 syndicats. A la suite de cette grève, François Mitterrand demande à Pierre Mauroy, Premier ministre, de réunir un conseil de médiateurs. Ces cinq sages : J. Dausset, professeur au Collège de France, prix Nobel de médecine, J. Rey, doyen de la faculté de médecine de Necker, M. Tubiana, directeur de l'Institut Gustave Roussy, J. Terquem et P. Schopflin, conseillers d'État devront travailler à la reprise d'un dialogue et devront remettre leurs conclusions avant le 1er août 1983, afin que des décisions soient prises pour le l' octobre !
Le rapport des médiateurs portait sur la médecine hospitalière et la démographie médicale.
"En ce qui concerne l'hôpital, les médiateurs ont proposé la création de départements, mais d'une façon volontaire et souple. Ils ont souligné la nécessité d'introduire plus tôt les contrôles de qualité et ont prôné l'assoupplissement de la gestion, une meilleure complémentarité entre hospitalisation publique et privée et le développement des alternatives à l'hospitalisation (soins à domicile, hôpitaux de jour etc.)."