Edito
La concertation (et non la négociation)
a donc repris avec le Ministère de la santé.
On ne peut que s’en féliciter, l’absence de dialogue
étant de toute façon préjudiciable à tous.
Nous n’épiloguerons pas sur les raisons pour lesquelles ce
dialogue avait été suspendu par « les autorités
de tutelles ». Le 14 décembre dernier nous avons donc été
reçus ainsi que les trois autres intersyndicats par Roselyne Bachelot.
Cette rencontre a eu lieu avant la publication des textes d’application
portant sur la Loi HPST. Au cours de l’entretien la Ministre a très
clairement indiqué que la totalité des textes des décrets
d’application seraient étudiables par les intersyndicats
à leur demande. La Ministre a précisé qu’elle
prévoyait de revoir le président du SNAM-HP ainsi que les
autres responsables des intersyndicats avant la parution des décrets
pour faire le point sur les arbitrages. Ceci devrait avoir lieu courant
janvier.
Le SNAM-HP a rappelé l’importance qu’il attachait à
la retraite des H (Ircantec) et des HU (part hospitalière). La
Ministre a très clairement indiqué que ces dossiers seront
ouverts.
Cette réunion avait été précédée
d’un entretien avec le Directeur de Cabinet GF. Leclerc au cours
duquel la méthodologie de concertation sur les textes de la Loi
HPST avait été précisée.
Au cabinet de la Ministre, notre interlocuteur sera désormais Y.
Bubien qui vient de prendre ses fonctions de Directeur adjoint, chargé
du dialogue social. Bien connu des syndicats, il avait été
conseillé de la Ministre jusqu’en 2009.
Ces entrevues ont précédé la reprise de la négociation
avec la DHOS sur les textes d’application de la Loi et pour lesquels
plusieurs séances ont déjà eu lieu. Le SNAM-HP veille
à ce qu’aucune mesure étrangère à la
Loi ne soit introduite dans les décrets. Manifestement ceci n’est
pas toujours le cas ainsi que le prouve quelques textes que nous avons
déjà relus. La vigilance s’impose car le risque est
réel.
2010 sera une année charnière puisque la Loi HPST s’appliquera
dans les mois à venir. Nous serons très attentifs au volet
territorial qui pour nous est la partie positive de la Loi. Nous espérons,
et nous veillerons autant que faire ce peut, à ce que le volet
territorial ne soit pas minimisé.
Nous vous souhaitons de très bonnes fêtes de fin d'année.
Notre détermination sera à la hauteur des enjeux.
R. RYMER
Président du SNAM-HP
| >> « Concertation
» autour des décrets d’application de la Loi HPST |
Après une longue période de refroidissement,
les syndicats représentatifs des médecins, pharmaciens et
biologistes hospitaliers ont perçu un léger réchauffement
climatique auprès du Ministère de la Santé.
Ce retour à la normale a permis de reprendre avec les services
de l’Etat l’analyse globale des très nombreux projets
de textes d’application (plus de 150) et de formuler des nombreux
avis ou des propositions rédactionnelles.
Force est cependant de constater une tendance persistante à distiller
au sein de ces ajustements législatifs une réforme statutaire
rampante et souvent régressive pour les praticiens hospitaliers.
Nous avons exigé que la méthodologie employée soit
impérativement et rapidement rectifiée.
La modernisation de nos établissements ne se fera pas sans l’adhésion
et la mobilisation de leurs médecins autour d’une reconnaissance
réciproque.
| >> Pétition
sur les retraites |
Près de 3000 signatures recueillies grâce
à la pétition lancée par le SNAM-HP et la CMH montrent
l’importance de la réouverture des négociations sur
l’Ircantec.
| >> Exit
la FMC, voici le Développement Personnel Continu… |
Ce nouveau dispositif regroupe la formation médicale
et l’évaluation des pratiques professionnelles. Trois actions
obligatoires par an, dont deux inscrites dans des priorités nationales,
permettront à chacun d’obtenir l’attestation de DPC.
Les organismes de formation seront inscrits sur un répertoire national
d’un organisme gestionnaire, après appel d’offre auprès
d’une commission scientifique indépendante, le tout chapeauté
par un Conseil National unique pour toutes les catégories de médecins.
Les financements sont principalement issus de l’assurance maladie,
mais les ARS pourraient contribuer à des ajustements régionaux.
Il faut constater que les montants disponibles pour les DPC des hospitaliers
n’ont pas été réévalués (0,5%
de la masse salariale des médecins pour les CHU, 0,75% pour les
CH)…
| >> Du coté
du Centre National de Gestion des PH |
Au premier septembre 2009, le CNG a consacré
1 870 000 euros pour accompagner 81 praticiens temps pleins ou temps partiels
(36 en recherche d’affectation et 45 en dehors de ce dispositif).
Il est essentiel d’anticiper autant que possible ces situations,
pour ne pas les traiter en crise ou de manière trop enkystée.
Une équipe assure spécifiquement cet accompagnement, dans
une optique de développement professionnel et personnel.
La mise en place prochaine d’une bourse des emplois sur le
site du CNG pourrait être facilitatrice.
Les PH placés durant cette période en stage ou en mission
sont soumis à l’organisation du travail en vigueur au sein
de l’établissement ou de l’administration qui les accueille.
Ils peuvent notamment bénéficier du régime de jours
de RTT en vigueur dans ces structures, des frais de déplacements,
et le cas échéant des primes ou indemnités. Il sera
souhaitable que ces dispositions soient reprises dans les articles des
décrets statutaires relatifs à la recherche d’affectation.
| >> Les
TIC et la Télémédecine |
La définition concise de la télémédecine
(loi du 13 août 2004) a été remplacée cet été,
par le biais d'un amendement à la loi HSPST. La définition
actuelle (Info sur la télémédecine de la Lettre
du SNAM-HP de juillet 2009) n’inclut pas l’obligation
qui figurait dans la Loi de 2004, de respecter la déontologie médicale
et de disposer des moyens de communication appropriés à
la nature de l'acte médical envisagé.
Que voulons nous faire de l’outil technologique TIC (Technologies
de l’Information et de la Communication) dans le domaine médical
? Bien que les expérimentations se multiplient, la télémédecine
est encore peu développée. Les causes sont multiples: absence
de financement ou de tarification, absence de clarté sur les responsabilités
des acteurs d’un acte de télémédecine, approches
incomplètes soient technocentrées soient délibérément
commerciales, initiatives médicales mais sans financement permettant
de les pérenniser.
Au niveau européen, la télémédecine reste
une priorité de la seule direction générale DG-INFSO
qui traite des technologies informatiques sans considération des
organisations médicales. La mobilisation récente de la DG-SANCO,
chargée des questions de santé et de consommation est certainement
une bonne nouvelle.
S'il s'agit d'utiliser les TIC pour développer l’organisation
et le rayonnement de la médecine française, une volonté
politique pour lever les freins d’une réglementation rigide
est une excellente chose. Sous contraintes financières et démographiques,
la télémédecine peut aussi aboutir à une médecine
« low-cost » avec des modes technocratiques d’organisation.
Plutôt que de mettre en réseau les médecins et paramédicaux
en mutualisant leurs compétences au service du malade, elle éloignerait
le malade du médecin ; « les maitres des TIC » décideraient
des organisations médicales ; au final, cela permettrait à
nos politiques de ne pas engager les efforts de restructuration indispensables
à une meilleure organisation des soins et d’éluder
à bon compte les questions lancinantes comme la démographie,
la répartition des établissements/professionnels de santé,
les divisions publics/privés/libéral, l’organisation
de la permanence des soins.
Les médecins quels que soient leur mode d’exercice doivent
se saisir des TIC pour moderniser leurs organisations et faire tomber
les barrières réglementaires empêchant les coopérations
médicales, notamment au niveau territorial, sous peine de se voir
doubler par les commerciaux et les technocrates qui croient que l’on
peut remplacer les médecins qui manquent - ou ceux qui gênent
- par l'achat de prestations médicales à distance et d’un
système informatique « de télémédecine
». Plusieurs directeurs hospitaliers ont déjà succombé
à ce mirage de confondre l'outil et la solution : procédant
par appel d'offres, ils ont acheté des interprétations à
distance d'examens radiologiques et imaginé que cela permettait
de redéployer vers les spécialités qui rapportent
de la T2A les postes supprimés en radiologie : ils ont bien sûr
oublié les autres rôles, médicalement, réglementairement
et fonctionnellement indispensables des médecins radiologues ;
la littérature internationale prouve que les pays qui avaient exploré
ces stratégies en sont revenus, démontrant que ces solutions
prétendument économiques s'avéraient finalement plus
coûteuses et que la qualité et la sécurité
des soins étaient fortement dégradées.
Les risques existent que nos « décideurs et politiques »
utilisent les TIC pour recomposer une offre de soins bureaucratique en
obligeant les médecins hospitaliers à exercer la télémédecine
dans une organisation imposée et en sous-traitant à des
entreprises commerciales (parfois internationales) sans garantie de qualité.
La vocation première d’un médecin est d’assurer
la qualité des soins aux malades dont il est responsable. L’intégration
de la télémédecine est un enjeu majeur des restructurations
d’activité de la prochaine décennie ; lui donner un
sens médical et éthique est le rôle des sociétés
savantes et collèges (www.g4-radiologie.com)
et du Conseil de l’Ordre (www.conseil-national.medecin.fr)
; mettre les médecins au centre de ces nouvelles organisations
des soins est donc un sujet majeur pour le SNAM-HP.
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