Edito
Cette fin du mois de juin a été
fertile en évènements.
Deux sont particulièrement marquants, l’un positif, l’autre
négatif.
Le positif est bien entendu la publication de l’arrêté
sur les temps partiels demandé depuis plusieurs années par
le SNAM-HP et la CMH.
Cet arrêté corrige une injustice flagrante puisqu’il
introduit une rémunération au prorata temporis. La conséquence
en sera une majoration nette des émoluments hospitaliers pour nos
collègues (10% au 1er échelon, 9,37% au 8ème échelon,
7,63% au 13ème échelon). Restera à obtenir la prime
de service public exclusif pour nos collègues à temps partiels
se consacrant entièrement à l’hôpital.
Bien entendu le problème de l’Ircantec demeure en suspens
et il faudra bien qu’il soit réglé à la rentrée.
La nouvelle négative est la conclusion du marathon législatif
de la loi HPST. Le tout dernier jour, le texte de loi a été
modifié par un amendement proposé par le gouvernement, lequel
supprime les avis formels du directoire (à majorité médicale…)
pour en faire une instance purement consultative.
Sur le fond, le rôle effectif du directoire sera diminué,
ce qui n’est bien entendu pas souhaitable pour un équilibre
harmonieux des pouvoirs.
Sur la forme, on ne peut que déplorer la méthode du gouvernement
qui a modifié à la dernière minute un texte ayant
fait l’objet d’un travail législatif intense et permis
d’aboutir à un compromis acceptable (grâce à
la mobilisation de tous, il faut bien le rappeler). La méthode
utilisée met à mal la confiance nécessaire entre
les partenaires syndicaux et le gouvernement. Sans cette confiance, désormais,
tout sera plus difficile. Et on peut s’interroger sur le «
cost efficiency » d’une telle attitude. Il y a des victoires
en trompe l’œil.
La rentrée s'annonce difficile. Le problème majeur sera
probablement constitué par le plafonnement du tableau prévisionnel
des emplois rémunérés. Rappelons que ce plafonnement
introduit une double peine pour nos hôpitaux puisque, à côté
du plafonnement des emplois en rapport avec la masse salariale autorisée
par la T2A, existe un second plafonnement du tableau des emplois arbitraire
décidé unilatéralement par les autorités de
tutelle réintroduisant ainsi à côté d’une
logique T2A une logique « budget global ».
Le résultat en est une menace réelle pour de très
nombreux emplois de personnels non médicaux et pour plusieurs centaines
d’emplois de praticiens hospitaliers.
Cette pratique devra être combattue énergiquement car elle
est illogique, en contradiction avec les pratiques T2A et exclusivement
«le fait du prince». Rendez-vous en septembre.
R. RYMER
Président du SNAM-HP
| >> Loi HPST
: fin de l’acte 1, un désolant gâchis… |
La méthode et le contenu d’un amendement
de dernière minute, à la demande du gouvernement et sur
la pression du Lobby des directeurs hospitaliers, visant une fois de plus
à limiter le rôle de partenaire institutionnel du Directoire
à majorité médicale nous plonge dans une profonde
et durable amertume.
Il faudra certainement du temps, et des gestes forts, pour rétablir
entre nos tutelles et la représentation syndicale des médecins
hospitaliers une confiance satisfaisante afin de construire et accompagner
les réformes nécessaires. Cette attitude est très
dommageable.
Les premières conséquences d’une telle obstination,
proche de la cécité, seront d’accroître la démotivation
des praticiens, se sentant encore désavoués vis-à-vis
de leur responsabilisation quotidienne et de la balbutiante délégation
de gestion initiée par la « nouvelle » gouvernance.
Veut-on les décourager définitivement de donner autant de
temps et de compétence à l’Hôpital Public ?
Projet
de loi HPST adopté le 24 juin
La Loi est désormais entérinée
par les assemblées, avec sa logique économique sur les Directoires
de nos établissements. Nous devons donc faire savoir inlassablement
que les médecins hospitaliers sur le terrain, ainsi que leurs équipes
de personnels non médicaux, veilleront à ne pas voir affaibli
l’accès aux soins pour tous ou dégradées leurs
conditions de travail. La qualité des soins et des prises en charge
doit être garantie, toute logique comptable devant être encadrée
par une réelle politique de santé publique.
Nous veillerons à ce que les promesses politiques soient tenues
et que la volonté nationale soit claire vis-à-vis de nos
structures et de nos adhérents.
Nous serons extrêmement vigilants lors de la rédaction des
nombreux décrets d’application que les services de l’Etat
vont élaborer sans tarder.
Si des mesures rapides et significatives relatives à nos conditions
de travail, de rémunération et de retraite, à l’attractivité
de nos carrières, à la juste répartition des charges
liées à la permanence des soins et de l’urgence entre
le secteur lucratif et le secteur public ne sont pas prises, nous en tirerons
toutes les conséquences.
| >> Temps
partiels : pas trop tôt ! |
Grâce à l'action persévérante
de tous, l'alignement de la rémunération prorata temporis
des PH à temps partiel sur celle des PH à temps plein est
enfin acquise.
Nous attendons prochainement l'élargissement de l'assiette de cotisation
à l'IRCANTEC qui viendra corriger une autre inéquité.
Reste, et ce n'est pas le moindre dossier, la prime d'exercice public
exclusif pour les PH à temps partiel. Ce dossier fera partie des
priorités de la rentrée.
Arrêté
du 9 juin 2009 relatif aux émoluments
des praticiens exerçant leur activité à temps partiel
dans les établissements publics de santé
Si le projet de loi HPST a été
bien amélioré lors de son passage au Sénat et à
la CMP, à la suite de la mobilisation exemplaire des praticiens
des hôpitaux publics, il reste notamment un point majeur de déception
: l'article 78 de la "Petite loi", validée par
le Parlement et en attente de l'avis du Conseil constitutionnel a en effet
abrogé les articles 32 et 33 de la loi du 13 août 2004 qui
définissaient jusqu'ici le cadre légal de la télémédecine,
pour les remplacer par un article L. 6316-1 inséré dans
la partie législative du Code de la Santé Publique.
Ce texte précise un peu mieux qu'auparavant les applications de
la télémédecine ("établir un diagnostic,
d’assurer, pour un patient à risque, un suivi à visée
préventive ou un suivi post-thérapeutique, de requérir
un avis spécialisé, de préparer une décision
thérapeutique, de prescrire des produits, de prescrire ou de réaliser
des prestations ou des actes ou d’effectuer une surveillance de
l’état des patients"), mais il est très
décevant sur plusieurs points :
- il introduit curieusement la notion, illogique
ici, de "patient à risque", sans précision
de la nature de ce risque, alors qu'il n'est pas forcément pertinent
de moins se déplacer si le patient est vraiment en mauvaise posture
;
- il supprime l'obligation de respect des règles déontologiques,
ouvrant largement la porte aux pratiques très commerciales de "télémédecine
low-cost" ;
- il n'impose pas qu'en tant que "pratique médicale à
distance", la télémédecine doit se faire
sous la responsabilité d'un professionnel médical
: il suffit qu'un professionnel médical "figure"
parmi les différents intervenants, selon ce texte qui ne lui en
donne pas le contrôle ni la responsabilité ;
- il n'est plus précisé, comme en 2004, qu'il faut employer
pour chaque acte de télémédecine, des "moyens
de communication appropriés".
Tout cela démontre que le lobbying très actif de certains
acteurs a été bien - plus que nous - entendu et écouté
de nos politiques.
Les marchands d'illusions (parfois appelés
les "YAKA - FOKON") vont donc pouvoir abuser à cœur
joie les directeurs hospitaliers et ceux des agences régionales
de santé en leur fourguant des gadgets technologiques inadaptés,
assortis de la recommandation de contraindre les praticiens des hôpitaux
de les employer pour suppléer les déficits humains des sites
imprudemment équipés de 'plateaux médico-techniques'
sans avoir veillé au préalable à disposer des hommes
et des femmes nécessaires pour les faire fonctionner dans de bonnes
conditions. Il est donc urgent, pour les médecins et chirurgiens,
pharmaciens et biologistes des hôpitaux, de s'emparer de ces questions
de télémédecine pour proposer des solutions viables
et fiables et cesser de laisser les technologues vendrent n'importe quoi,
n'importe comment, en accusant de ringardise les praticiens, qui au nom
de la qualité et de la sécurité des soins, ou de
la déontologie, rechignent ensuite à les employer.
Il faudra tout faire pour qu'une autre loi corrige
rapidement les insuffisances du texte actuel, et qu'en attendant ses décrets
d'application limitent tant bien que mal les effets négatifs.
Mais ce que la loi a fait mal, un décret ne peut complètement
le corriger.
>> 4èmes
rencontres Convergences Santé Hôpital :
Maladies chroniques et territoires de santé |
Les 4èmes rencontres Convergences
Santé Hôpital, organisées conjointement par le SNAM-HP
et la CMH se tiendront à Reims les 23, 24 et 25 septembre 2009.
Outre les sessions, il est prévu une rencontre de tous les délégués
d’hôpitaux le vendredi.
Le congrès peut être pris en charge par votre FMC hospitalière;
en cas de difficulté le SNAM-HP peut assurer des aides complémentaires.
Cette réunion est devenu un temps fort de notre syndicat, et il
est donc important que vous soyez le plus nombreux possible à nous
rejoindre à Reims. La rentrée de septembre sera par ailleurs
un très bon moment pour faire le point entre nous.
Programme
Pour tous renseignements; Florence Chabert.
Tél. : 04 42 16 16 38
| >> Congrès
annuel du SNAM-HP |
Comme tous les ans depuis 23 ans,
le congrès du SNAM-HP, qui s'est déroulé fin mai,
a été l'occasion de débattre de sujets d'actualité
concernant la situation des PH dans leur exercice professionnel.
Soyez nombreux à vous inscrire en 2010 !
Conférence
sur le centre national de gestion
Conférence
sur la loi HPST
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15 rue
Ferdinand Duval
75004 Paris
Tél. : 01 48 87 93 49
Fax : 0148 87 93 62

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